Vous vous souvenez que le chalet du Père Tasse peut être considéré comme le premier refuge alpin. Mais savez-vous que celui-ci y a accueilli parmi les célébrités les plus en vue de leur époque ?
Maints Romanciers, musiciens, académiciens, comédiens, princes... eurent l'occasion de bénéficier du gîte et du couvert à Chamrousse, dans le chalet de Roche-Béranger, au cours de la seconde moitié du XIXème siècle.
Il vous est proposé de retrouver ici quelques-uns de ces personnages célèbres. Cliquez sur un des noms ci-dessous pour en connaître davantage.
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| Paul Félix Taillade, artiste dramatique | |
| Naissance | 15 janvier 1827 à Paris |
| Décès | 1898 à Bruxelles, inhumé au Père Lachaise |
| Sa vie, son œuvre | Après avoir débuté en 1847 dans des petits rôles au Théâtre Français, Félix Taillade poursuivit sa carrière au Théâtre de la Gaîté, au Cirque National, à l’Ambigu, à l’Odéon… On dit qu’il excellait dans les rôles dramatiques. |
| Sa visite au Père Tasse | Date inconnue |
| Alfred Roland, compositeur, créateur de la chorale des Chanteurs Montagnards | |
| Naissance | 22 janvier 1797 à Paris |
| Décès | 16 mars 1874 à Grenoble où il fut inhumé |
| Sa vie, son œuvre | On peut considérer que la célébrité d’Alfred Roland naît en 1832 lorsque, obscur fonctionnaire des impôts, il est muté à Bagnères-de-Bigorre. Armé d’une solide formation musicale, A. Roland y crée un Conservatoire de la musique avec plus de 200 choristes. Il mènera sa formation de choristes à travers l’Europe où le succès ne se démentira jamais. Sa chorale existe toujours ! Compositeur de mélodies populaires, Alfred Roland est le créateur de la tyrolienne des Pyrénées dont chacun connaît le refrain : Halte là, halte là, halte là ! Les montagnards, les montagnards, Halte là, halte là, halte là ! Les montagnards sont là ! Les montagnards (bis), les montagnards sont là. Les dernières années de sa vie se passèrent à Uriage et à Grenoble, ville où il fut inhumé. |
| Sa visite au Père Tasse | 16 septembre 1866 Voilà ce qu’il écrit sur le livre du Père Tasse, rapporté dans l’ouvrage de Henri Vincent « les 22 années du Père Tasse à Chamrousse » : Du Chasseur diligent, aimable rendez-vous ! Salut, ô beau pays des ours, chamois et loups ! Où je n’ai pu trouver (gardons-en bonne note) Qu’une marmotte !
Comme on voit, il n’y a vraiment pas de dangers à courir … Agé de 88 ans (*), Pèlerin de Champrousse, à pied,
(*) il ne peut s’agir que d’une mauvaise transcription de Henri Vincent quant à l’âge de Roland. Celui-ci devait avoir 69 ans et non 88 ans ! |
| Ernest Rey, dit Ernest Reyer, compositeur | |
| Naissance | 1er décembre 1823 à Marseille |
| Décès | 15 janvier 1909 au Lavandou (Var) |
| Sa vie, son œuvre | Bien que son père (notaire) ne voyait pas d’un bon œil le désir de son fils de faire une carrière musicale, il ne fit pas obstacle à ce qu’il suive les cours du Conservatoire durant 10 ans (jusqu’en 1839). Après quelques années passées en Algérie, où il s’ennuya dans un emploi administratif, il « monta » à Paris en 1848 où il rencontra le milieu intellectuel parisien (Gustave Flaubert, Théophile Gautier…). En plus de composer des ballets, opéras, E. Reyer était critique musical Ses ouvrages les plus célèbres sont Sigurd et Salammbô (ce dernier opéra a été repris à Marseille en 2008). |
| Sa visite au Père Tasse | Date inconnue |
| Ernest Renan, philologue | |
| Naissance | 27 février 1823 à Tréguier (Côtes d’Armor) |
| Décès | 2 octobre 1892 à Paris |
| Sa vie, son œuvre | Ernest Renan se destinait à devenir prêtre. Mais il se détourna de sa vocation pour se tourner vers la philologie (étude d’une langue d’après les documents écrits) et l’histoire des religions. A 25 ans, il est reçu 1er à l’agrégation de philosophie. A 39 ans, il se voit confier la chaire d’hébreux au Collège de France. Mais des manifestations hostiles le contraignent à suspendre ses cours. Sa Vie de Jésus suscitèrent d’incroyables réprobations et polémiques à cause de l’obscurantisme religieux de ce 19ème Siècle. Le pape l’avait surnommé le « blasphémateur européen ». L’évêque et académicien Félix Dupanloup, ennemi juré de Taine, Littré et Renan, fait échouer la candidature de ce dernier à l’Académie Française. Ce ne fut qu’en 1878 qu’il sera finalement élu au fauteuil de Claude Bernard. |
| Sa visite au Père Tasse | Juillet 1884 Sur le registre du Père Tasse, il inscrivit tout simplement ces quelques mots : Mille remerciements à M. et à Mme Tasse. On est fort bien au chalet de Champrousse. |
| Théodore Ravanat, peintre | |
| Naissance | 4 mai 1812 à Grenoble |
| Décès | 21 septembre 1883 à Proveysieux (Isère) |
| Sa vie, son œuvre | Peintre paysagiste, Théodore Ravanat bénéficia des conseils du peintre Jean-Alexis Achard de 5 ans son aîné. L’œuvre de T. Ravanat se concentre sur les paysages dauphinois, certaines de ses toiles étant conservées au musée de Grenoble. Après s’être installé en 1880 à Proveysieux, en Chartreuse – commune où il décéda – il créa l’école dite de Proveysieux. Dans l’auberge des Grandzgouziers, il réunissait ses amis peintres, mais aussi notables et hommes politiques. Proveysieux fut surnommée le Barbizon dauphinois. |
| Sa visite au Père Tasse | Date inconnue |
| Georges de Porto-Riche | |
| Naissance | 20 mai 1849 à Bordeaux |
| Décès | 5 septembre 1930 |
| Sa vie, son œuvre | G. de Porto-Riche fit ses études de droit à Paris. Mais c’est l’écriture qui le passionnait. Après s’être essayé dans la poésie, il écrivit plusieurs pièces de théâtre dans lesquelles il analysait les rapports sentimentaux des couples. On a dit de lui qu’il était le « Racine bourgeois ». Il fut élu à l’Académie Française en 1923 au fauteuil 6 dont le prédécesseur fut Ernest Lavisse, et le successeur Pierre Benoît. Toutefois, suite à un différend sur son discours de réception (il semble qu’il n’avait guère porté attention à l’œuvre de son prédécesseur), il ne fut jamais reçu officiellement à l’Académie. |
| Ses visites au Père Tasse | 11 et 20 juillet 1875, 18 août 1875 Le 20 juillet 1875, il écrivait dans les registres du Père Tasse : Chez le Père Tasse, En compagnie de son ami Pierre Berton et par une pluie diluvienne. Il a écrit un poème sur Chamrousse qui débutait ainsi : Nous avions pris tous deux la route de Champrousse, Pierre et moi nous marchions gaiement. L’heure était douce Nous voulions de là-haut voir le pic de Jandri, Le val du Domènon, Grenoble, Chambéry … |
| Waltère Frère-Orban | |
| Naissance | 24 avril 1812 à Liège |
| Décès | 1er janvier 1896 à Bruxelles |
| Sa vie | Frère-Orban était un homme politique belge. Libéral, laïc convaincu, franc-maçon, il entra pour la 1ère fois dans un cabinet ministériel en 1847. Il fut successivement ministre des travaux publics, ministre des finances, ministre des affaires étrangères. Autocrate, il était hostile au suffrage universel dans lequel il voyait le pouvoir politique aux mains des moins capables et des plus ignorants. |
| Sa visite au Père Tasse | 20 août 1869 |
| Gustave Droz, peintre, romancier | |
| Naissance | 9 juin 1832 à Paris |
| Décès | 22 octobre 1895 à Paris (inhumé au Père Lachaise) |
| Sa vie, son œuvre | Gustave Droz avait tout pour réussir dans son art. Son père était sculpteur et son grand- père graveur. S’il fut peintre, il excella aussi - et surtout - dans l’écriture (auteur de Monsieur, Madame et Bébé) bien que certains de ses contemporains ne l’avaient pas ménagé. Emile Zola n’écrivit-il point que son œuvre était de la « merde à la vanille ». Son succès d’écrivain fut immense. Il mourra cependant dans un quasi oubli. |
| Sa visite au Père Tasse | 26 août 1868 |
| Henri Baudrillart, économiste | |
| Naissance | 28 novembre 1821 à Paris |
| Décès | 24 janvier 1892 à Paris |
| Sa vie, son œuvre | Brillant étudiant, il fut gratifié du 1er prix de philosophie en 1844 pour son discours sur Voltaire. Il dispense des cours d’économie politique au Collège de France à partir de 1852. Il y deviendra titulaire de la chaire d’histoire économique en 1866. Il collabore à plusieurs journaux (Journal des Economistes, le Constitutionnel, la Revue des Deux Mondes, …). Il eut un fils, Alfred Baudrillart (1859-1942), ecclésiastique, historien, membre de l’Académie Française de 1919 à sa mort. Durant la Seconde Guerre Mondiale, celui-ci se rallia à la Collaboration. |
| Sa visite au Père Tasse | 17 août 1878 |
| Prince Alexandre Bibesco | |
| Naissance | 1841 ou 1842 à Bucarest (Roumanie) |
| Décès | 1930 |
| Sa vie, son œuvre | Fils du Prince Georges Bibesco qui régna, comme hospodar (terme d’origine slave signifiant souverain), sur le trône de Valachie (ancienne principauté médiévale en Roumanie), entre 1842 et 1848. Il fit ses études en France (licencié ès-lettres). La linguistique est son domaine de choix. Cultivé, brillant, il maîtrise plusieurs langues : français, grec, latin, allemand, anglais et italien. Il devient membre de la Société de Linguistique en 1874 dont il sera le Président pour la session 1893-1894. C’était un bibliophile éclairé. On rapporte que sa bibliothèque comportait 10 000 volumes. Son épouse, la Princesse Hélène-Alexandre Bibesco, d’une vaste culture, était aussi musicienne. Elle fut ainsi l’élève de Rubinstein.
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| Sa visite au Père Tasse | Le Prince Alexandre Bibesco semble s’être rendu à plusieurs reprises à la cabane du Père Tasse. Il décrivait le Père Tasse comme « un vieux de la montagne, moins les instincts sanguinaires et criminels » ! |
| Alphonse de Bourbon, comte de Caserte | |
| Naissance | 28 mars 1841 à Caserte |
| Décès | 26 mai 1934 à Cannes où il fut inhumé |
| Sa vie | Fils de Ferdinand II roi des Deux-Siciles, il a une vingtaine d’années quand il participe à la défense du royaume des Deux-Siciles. Lorsque le royaume des Deux-Siciles est annexé par le royaume de Sardaigne, il s’exile à Rome qu’il quittera en 1870 lorsque la ville rejoint le royaume d’Italie. Il s’exile alors à Cannes. En 1875 – 1876, il prend part à la 3ème guerre carliste en Espagne (1872 – 1876). Marié en 1868 avec sa cousine germaine Marie-Antoinette de Bourbon, il eut 12 enfants. |
| Sa visite au Père Tasse | Accompagné de deux de ses enfants (Ferdinand [1869-1960] et Charles [1870-1949]), Alphonse de Bourbon séjourna dans le chalet du Père Tasse le 29 juillet 1884. Il y laissa ces mots (traduction de l’italien) : Je reconnais Ta Toute-Puissance, O Roi des Rois, et sur cette montagne, à genoux, j’implore de Ton infinie miséricorde Ta Bénédiction. |